Récit d'une escapade - 1/4

Publié le par Étienne

On a parfois l'impression que le siècle qui vient de se terminer, avec la diffusion à toute la population d'un certaine façon de penser rationnelle, a porté un coup fatal aux légendes et aux contes que les « vieux » racontaient. Or nous avons fait, durant notre séjour à Cassis, une rencontre exceptionnelle qui prouve que les légendes et croyances peuvent encore avoir prise sur l'imagination populaire.

En ce début de samedi après-midi du 8 octobre, nous venions de nous arrêter pour prendre une pause déjeuner. Nous avions quitté Cassis deux heures plus tôt pour longer la calanque de Port-Miou puis atteindre un peu plus loins la pointe de Cacau, une presqu'île qui délimite la célébrissime calanque de Port Pin. Bien que la distance parcourue en deux heures puisse vous sembler faible, je dois vous avouer que nous avions flâné pour admirer la couleur de la mer, pour prendre des photos (bien que la pellicule puisse difficilement rendre la magie du lieu) puis pour explorer un peu aux alentours du sentier nolisé, en particulier sur la presqu'île que je viens de mentionner. Sur la rive ouest, nous avions déniché, sur le bord d'une falaise de 30 mètres qui plongeait dans la mer, un endroit assez particulier, qui devait abriter jadis une balise ou un (petit) phare pour signaler aux voiliers un dernier écueil avant l'arrivée dans la baie de Cassis. Aujoud'hui, il ne subsiste plus qu'une pierre plate ronde d'environ 1 mètre de diamètre à fleur de sol et un fragment d'un muret de pierre circulaire d'une cinquantaine de centimètres de haut.

Nous avions éparpillé toutes nos provisions sur la pierre ronde et nous dégustions en guise d'amuse-gueule de petits raisins verts, tout en admirant le paysage qui s'offrait à nos yeux. Quelle différence avec la grisaille parisienne ! En face de nous, nous avions un aperçu de la calanque d'en Vau, qui s'enfonce entre deux falaises spectaculaires. Un peu plus sur la gauche, à l'horizon, un chapelet d'îles. C'est à ce moment que nous aperçumes un homme assez âgé qui, à quelques mètres de nous, semblait absorbé dans la contemplation des dites îles.
- Bonjour, lui dirent-on en choeur.
Il prit quelques secondes avant de se tourner la tête et de nous répondre :
- Bonjour.
Il avait environ soixante-dix ans. Ce qui nous a frappé le plus, en le regardant, était son visage. La peau hâlée, quasiment rouge, de profondes rides, l'aspect désseché, tout indiquait les journées entières passées au soleil sur un plan d'eau. L'homme était cependant mince et fier et dégageait une impression qu'une santé de fer avait encore de nombreuses années de soleil à vivre.
- Vous connaissez ces îles là-bas ? lui demanda Marianne, toujours aussi vive.
- Ah, soupira-t-il, si je les connais...
S'ensuivit un moment de silence qui nous mis un peu mal à l'aise. À cet instant, nous ne pouvions nous douter que nous allions être les auditeurs d'un récit extraordinaire, une légende contemporaine comme nous ne croyions plus qu'il en existât. L'homme, toujours debout les yeux fixés sur l'horizon, pris la parole et nous fûmes transportés dans un passé qui nous laissa rêveurs.

Aperçu de la calanque d'en Vau lors de notre déjeuner

Aperçu de la calanque d'en Vau lors de notre déjeuner

À suivre...
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E
hou ben j'ai hate de savoir ce qu'il nous a dit moi :)
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