Ah ! Comme la neige a neigé !

Publié le par Étienne

Il s'agit probablement du plus célèbre des vers de la poésie québécoise. C'est en feuilletant distraitement notre recueil de poèmes d'Emile Nelligan avant de le ranger dans la bibliothèque que je me suis arrêté sur ce vers dont la sonorité m'est familière. J'en ai profité pour relire le poème et, s'il me donne le goût de paysages blancs, je dois dire que j'ai une vision de l'hiver moins tragique que celle de l'auteur.

Pour votre plaisir et votre enrichichissement personnel, voici le poème en question :

Soir d'hiver

Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A la douleur que j’ai, que j’ai !

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : Où vis-je ? où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés ;
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai !...


Emile Nelligan
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