
Durant des nombreuses années j'ai lutté,
lutté contre les giboulées.
Mes couleurs flambloyantes faisaient le bonheur
des passants et de ceux que je protégeais.
J'étais le plus beau, le plus fort,
et ni le vent, la pluie ou la grisaille ne m'émouvaient.
J'avais oublié de compter avec le temps.
Peu à peu, mes articulations se sont tordues,
ont été broyées, se sont démembrées.
Aujourd'hui je suis fatigué.
Nu, j'attends qu'une brise d'automne
me caresse une dernière fois
car demain, dans le froid,
j'irai rejoindre
le grand cimetière des parapluies.
lutté contre les giboulées.
Mes couleurs flambloyantes faisaient le bonheur
des passants et de ceux que je protégeais.
J'étais le plus beau, le plus fort,
et ni le vent, la pluie ou la grisaille ne m'émouvaient.
J'avais oublié de compter avec le temps.
Peu à peu, mes articulations se sont tordues,
ont été broyées, se sont démembrées.
Aujourd'hui je suis fatigué.
Nu, j'attends qu'une brise d'automne
me caresse une dernière fois
car demain, dans le froid,
j'irai rejoindre
le grand cimetière des parapluies.
par Les tourtereaux
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Contes, récits et poèmes
Retrouvées sur une feuille toute froissée au fond de mon sac, ces quelques phrases que j'avais griffonnées sur le papier, un soir où j'avais terminé mon livre de lecture bien avant que le bus ne me dépose à la maison. Je vous les offre en vrac et vous laisse les méditer si vous le souhaitez.
Je tends la main et je peux explorer mon passé. Je ferme le poing et j'entrevois le destin de l'humanité.
J'aurais voulu mieux savoir l'italien pour dire à cette Romaine combien elle me plaisait. Mensonge ! car je maîtrise le français et pourtant à aucune ici ne l'ai fait.
- Mon Frère, n'est-ce pas déplaire à Dieu que de festoyer grâce aux aumônes de nos fidèles brebis ?
- Hum... j'y penserai cet après-midi !
- Hum... j'y penserai cet après-midi !
par Étienne
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Contes, récits et poèmes
On raconte qu'au temps jadis existait une certaine rivalité entre les habitants vivant de part et d'autre du Couesnon, la rivière qui vient arroser les pieds du Mont St-Michel. Ces querelles de clocher n'empêchèrent pas les Normands et les Bretons de fraterniser et aujourd'hui ces mesquineries frontalières sont bien oubliées.
Une année, les premiers invitèrent leurs voisins à une fête de village. Ils leurs servirent cidres gouleyants et crêpes exquises. Leurs amis bretons s'en régalèrent, importèrent la recette et en mangèrent tant et tant que la variante bretonne devint encore plus populaire que la normande.
Les Normands tiraient grande fierté de ce succès culinaire, ce qui agaçaient sincèrement nos copains Bretons. Ces derniers décidèrent donc, dans le respect de la tradition historique, de rebaptiser le plat et après maints cogitations et débats, le mot «galette » fut choisit pour désigner ce plat « national ».
Le subterfuge fonctionna à merveille, si bien qu'aujourd'hui personne ne conteste l'origine bretonne des galettes qui font notre bonheur.
Une année, les premiers invitèrent leurs voisins à une fête de village. Ils leurs servirent cidres gouleyants et crêpes exquises. Leurs amis bretons s'en régalèrent, importèrent la recette et en mangèrent tant et tant que la variante bretonne devint encore plus populaire que la normande.
Les Normands tiraient grande fierté de ce succès culinaire, ce qui agaçaient sincèrement nos copains Bretons. Ces derniers décidèrent donc, dans le respect de la tradition historique, de rebaptiser le plat et après maints cogitations et débats, le mot «galette » fut choisit pour désigner ce plat « national ».
Le subterfuge fonctionna à merveille, si bien qu'aujourd'hui personne ne conteste l'origine bretonne des galettes qui font notre bonheur.
par Étienne
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Contes, récits et poèmes
Voici maintenant la deuxième partie de la nouvelle commencée dimanche dernier :
- Tiens, regardez donc la coiffure de Madame de ***, s'amusa le fermier général.
En ce dimanche matin, il était fort gai. À son bras, Madame Cahouet de Villers, vêtue d'une admirable parure. Elle rayonnait également de joie. Elle ne put s'empêcher de lancer un regard curieux dans la direction qu'il lui indiqua.
- Ma foi, c'est vrai qu'elle ne passera pas inaperçue !
Déjà la foule des courtisans se pressait à l'intérieur de l'église. Le brouhaha général permettait à chacun d'y aller de commentaires piquants et d'anectodes assez lestes sur les personnages de la cour sans crainte d'être entendu. Néanmoins, quelques instants plus tard, un silence respectueux se fit pour l'entrée de leurs majestés.
La Reine s'avança lentement vers la place qui lui était réservée tout en paraissant scruter attentivement la foule des courtisans. Lorsque son regard s'arrêta imperceptiblement sur Madame de ***, ses lèvres se décoincèrent autant que l'étiquette le lui permettait sans qu'elle ne paraisse sourire. Elle se tourna alors vers nos deux héros et elle fit le léger signe de tête tant attendu par le fermier général, qui n'avait pas quitté Marie-Antoinette des yeux et qui but de tout son regard cette distinction que la Reine avait pour lui.
- Ah ma chère, dit-il à sa compagne à la sortie de la messe, que vous me rendez heureux !
- Votre bonheur fait le mien, très cher, lui répondit-elle doucement.
- Venez, je vais vous remettre une lettre de change pour l'emprunt dont nous avons parlé.
- Ah, Madame de Villers, vous aviez raison, la coiffure que vous m'aviez suggérée a été remarquée par la Reine !
- Oui, j'ai vu, elle m'a fait un signe de tête comme convenu. Je crois que vous pourrez bientôt prétendre à ses faveurs.
- Je suis si heureuse grâce à vous !
- Ha, ha, venez ma chère, que nous riions encore de la tête de cette écervelée ! Je n'aurais jamais cru que vous réussiriez à lui faire porter une telle extravagance !
- Oui, c'est vrai quelle était un peu ridicule...
- Mais dites-moi, vous avez bien vu mon petit signe de tête ?
- Oui, et maintenant cette courtisane croit que vous l'avez remarqué et qu'elle pourra bientôt paraître dans vos appartements !
- Ha, ha, ha, s'esclaffa de nouveau la reine, vous êtes très forte Madame de Villers !

Épilogue
Madade Cahouet de Villers garda bien évidemment pour elle la somme astronomique qu'elle avait escroquée à l'ambitieux Loiseau de Bérenger. Cependant, elle ne put en profiter longtemps puisque quelque mois plus tard, le 13 mars 1777, elle fut conduite à la Bastille pour une série d'affaires semblables où elle utilisait le nom de la Reine afin d'escroquer de fortes sommes à de crédules personnages. Elle y restera trois mois avant que l'affaire ne soit étouffée et qu'elle soit conduite dans un couvent, où elle mourra rapidement.
Jean-Louis Loiseau, dit Bérenger, fermier général et noble, sera guillotinée à la Révolution, reconnu complice d'une « conspiration contre le peuple ».
Quelques années plus tard, une certaine Jeanne de la Motte répétera les exploits de Madame Cahouet de Villers mais à une tout autre échelle puisque qu'elle sera l'instigatrice de « l'affaire du collier », une immense escroquerie de 1,6 millions de livres qui deviendra rapidement l'affaire criminelle du siècle et qui aura un énorme retentissement.
- Tiens, regardez donc la coiffure de Madame de ***, s'amusa le fermier général.
En ce dimanche matin, il était fort gai. À son bras, Madame Cahouet de Villers, vêtue d'une admirable parure. Elle rayonnait également de joie. Elle ne put s'empêcher de lancer un regard curieux dans la direction qu'il lui indiqua.
- Ma foi, c'est vrai qu'elle ne passera pas inaperçue !
Déjà la foule des courtisans se pressait à l'intérieur de l'église. Le brouhaha général permettait à chacun d'y aller de commentaires piquants et d'anectodes assez lestes sur les personnages de la cour sans crainte d'être entendu. Néanmoins, quelques instants plus tard, un silence respectueux se fit pour l'entrée de leurs majestés.
La Reine s'avança lentement vers la place qui lui était réservée tout en paraissant scruter attentivement la foule des courtisans. Lorsque son regard s'arrêta imperceptiblement sur Madame de ***, ses lèvres se décoincèrent autant que l'étiquette le lui permettait sans qu'elle ne paraisse sourire. Elle se tourna alors vers nos deux héros et elle fit le léger signe de tête tant attendu par le fermier général, qui n'avait pas quitté Marie-Antoinette des yeux et qui but de tout son regard cette distinction que la Reine avait pour lui.
- Ah ma chère, dit-il à sa compagne à la sortie de la messe, que vous me rendez heureux !
- Votre bonheur fait le mien, très cher, lui répondit-elle doucement.
- Venez, je vais vous remettre une lettre de change pour l'emprunt dont nous avons parlé.
***
- Ah, Madame de Villers, vous aviez raison, la coiffure que vous m'aviez suggérée a été remarquée par la Reine !
- Oui, j'ai vu, elle m'a fait un signe de tête comme convenu. Je crois que vous pourrez bientôt prétendre à ses faveurs.
- Je suis si heureuse grâce à vous !
***
- Ha, ha, venez ma chère, que nous riions encore de la tête de cette écervelée ! Je n'aurais jamais cru que vous réussiriez à lui faire porter une telle extravagance !
- Oui, c'est vrai quelle était un peu ridicule...
- Mais dites-moi, vous avez bien vu mon petit signe de tête ?
- Oui, et maintenant cette courtisane croit que vous l'avez remarqué et qu'elle pourra bientôt paraître dans vos appartements !
- Ha, ha, ha, s'esclaffa de nouveau la reine, vous êtes très forte Madame de Villers !

Épilogue
Madade Cahouet de Villers garda bien évidemment pour elle la somme astronomique qu'elle avait escroquée à l'ambitieux Loiseau de Bérenger. Cependant, elle ne put en profiter longtemps puisque quelque mois plus tard, le 13 mars 1777, elle fut conduite à la Bastille pour une série d'affaires semblables où elle utilisait le nom de la Reine afin d'escroquer de fortes sommes à de crédules personnages. Elle y restera trois mois avant que l'affaire ne soit étouffée et qu'elle soit conduite dans un couvent, où elle mourra rapidement.
Jean-Louis Loiseau, dit Bérenger, fermier général et noble, sera guillotinée à la Révolution, reconnu complice d'une « conspiration contre le peuple ».
Quelques années plus tard, une certaine Jeanne de la Motte répétera les exploits de Madame Cahouet de Villers mais à une tout autre échelle puisque qu'elle sera l'instigatrice de « l'affaire du collier », une immense escroquerie de 1,6 millions de livres qui deviendra rapidement l'affaire criminelle du siècle et qui aura un énorme retentissement.
par Étienne
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Contes, récits et poèmes
Mon livre de lecture de cette semaine, La vérité sur l'affaire du collier, de Louis Hastier, m'inspire une courte nouvelle dont voici la première moitié :
- Je crois que je commence à vous aimer, lui murmura-t-il à l'oreille.
La jeune madame Cahouet de Villers eut un léger mouvement de recul qu'elle dissimula fort adroitement par un délicat sourire qui ravit celui à lequel il était adressé.
- Il me plaît d'entendre ces douces paroles, lui répondit-elle. Servir la Reine n'aura jamais été aussi agréable.
- J'en conviens, reprit-il, et je serai fort honoré de pouvoir lui rendre ce service.
Le fermier général Loiseau de Bérenger, le deuxième protagoniste de cette discussion à mots couverts, porta la main à son menton et le caressa doucement. C'était chez lui un signe de satisfaction qui le trahissait souvent et que madame de Villers, en fine observatrice, remarqua. Elle sourit de nouveau. Elle savait que le riche fermier général ne désirait qu'une chose, avoir accès à la prestigieuse Cour du roi Louis XVI.
- Cependant, fit-il observer, la somme demandée n'étant pas banale, une garantie serait...
- Vous n'y pensez pas, l'interrompit-elle, la Reine est déjà gênée par ses nombreuses dettes ! On ne doit pas savoir qu'elle doit fait appel à des ressources si peu usuelles pour les soulager.
Madame Cahouet de Villers fit alors le récit des commissions que lui confiait la Reine dans le plus grand secret, commissions qui consistaient à acheter divers objets de fantaisie à Paris où elle ne pouvait aller. Elle lui montra des notes manuscrites de la Reine puis détailla également les conséquences fâcheuses pour la Reine et lui-même si l'emprunt qu'ils négociaient devait être connu du public, etc.

Le fermier général hésitait encore. Tout de même, 200 000 livres, à remettre à une intriguante, c'était une belle somme, pensait-il.
- Accompagnez-moi ce dimanche à la messe au château, à Versailles, lui dit-elle finalement. La Reine vous fera un signe de tête pour vous signaler son approbation des conditions du marché.
- Je crois que je commence à vous aimer, lui murmura-t-il à l'oreille.
La jeune madame Cahouet de Villers eut un léger mouvement de recul qu'elle dissimula fort adroitement par un délicat sourire qui ravit celui à lequel il était adressé.
- Il me plaît d'entendre ces douces paroles, lui répondit-elle. Servir la Reine n'aura jamais été aussi agréable.
- J'en conviens, reprit-il, et je serai fort honoré de pouvoir lui rendre ce service.
Le fermier général Loiseau de Bérenger, le deuxième protagoniste de cette discussion à mots couverts, porta la main à son menton et le caressa doucement. C'était chez lui un signe de satisfaction qui le trahissait souvent et que madame de Villers, en fine observatrice, remarqua. Elle sourit de nouveau. Elle savait que le riche fermier général ne désirait qu'une chose, avoir accès à la prestigieuse Cour du roi Louis XVI.
- Cependant, fit-il observer, la somme demandée n'étant pas banale, une garantie serait...
- Vous n'y pensez pas, l'interrompit-elle, la Reine est déjà gênée par ses nombreuses dettes ! On ne doit pas savoir qu'elle doit fait appel à des ressources si peu usuelles pour les soulager.
Madame Cahouet de Villers fit alors le récit des commissions que lui confiait la Reine dans le plus grand secret, commissions qui consistaient à acheter divers objets de fantaisie à Paris où elle ne pouvait aller. Elle lui montra des notes manuscrites de la Reine puis détailla également les conséquences fâcheuses pour la Reine et lui-même si l'emprunt qu'ils négociaient devait être connu du public, etc.

Le fermier général hésitait encore. Tout de même, 200 000 livres, à remettre à une intriguante, c'était une belle somme, pensait-il.
- Accompagnez-moi ce dimanche à la messe au château, à Versailles, lui dit-elle finalement. La Reine vous fera un signe de tête pour vous signaler son approbation des conditions du marché.
par Étienne
publié dans :
Contes, récits et poèmes
