Llanto por Ignacio Sánchez Mejías
Une heure vingt minutes de pure émotion.
Mardi, 20h15, devant le Théâtre des Abesses. Comme nous avons croisé le chemin d'une belle gitane de la butte Montmartre, nous sommes à la recherche d'un billet supplémentaire pour le spectacle de 20h30. Quelques instants suffisent pour qu'un groupe de trois personnes ayant un billet en trop nous le cède. Tiens, quelle coïcidence, ils sont assis à côté de nous !
Avec la dizaine de minute de retard de politesse, le spectacle commence. Il s'agit d'un oratorio (1998) de Vicente Pradal sur un poème (1934) de Federico García Lorca mis en scène par Michel Rostain. Nous sommes le 11 août 1934. Un des toreros castillans les plus admirés, Ignacio Sánchez Mejías, mélomane, poète, torero d'exception, est blessé mortellement dans l'arène. L'oratorio, un chant funèbre, se décompose en quatre parties : l'annonce des événements à la femme aimée, son refus, sa douleur puis la résignation.
Dès les premières notes, on est transporté par les tonalités andalouses. La terrible annonce, dramatisée par la structure du poème, les accents de la partition, la mise en scène d'une grande sobriété, laisse muette l'épouse qui dès l'apparation des messagers sent que le malheur s'est invité dans sa vie. Le refus des événements, le refus de la mort seront terribles et j'ai senti la douleur de la perte d'un être aimé, en particulier à la fin de la troisième partie où, dans un silence insoutenable, elle pleure son amant. Juste d'y penser, les larmes me reviennent ! Heureusement, le tout se terminera sur une note d'espoir, le souvenir de l'être aimé.
Si la beauté d'une oeuvre se définit par l'émotion qu'elle suscite, ce llanto est un chef-d'oeuvre impérissable. Le public fut unanime, les applaudissements nourris ne cesseront que lorsque le théâtre ouvrira les lumières de la salle.
Dépêchez-vous, la dernière est ce samedi 11 février !
Mardi, 20h15, devant le Théâtre des Abesses. Comme nous avons croisé le chemin d'une belle gitane de la butte Montmartre, nous sommes à la recherche d'un billet supplémentaire pour le spectacle de 20h30. Quelques instants suffisent pour qu'un groupe de trois personnes ayant un billet en trop nous le cède. Tiens, quelle coïcidence, ils sont assis à côté de nous !
Avec la dizaine de minute de retard de politesse, le spectacle commence. Il s'agit d'un oratorio (1998) de Vicente Pradal sur un poème (1934) de Federico García Lorca mis en scène par Michel Rostain. Nous sommes le 11 août 1934. Un des toreros castillans les plus admirés, Ignacio Sánchez Mejías, mélomane, poète, torero d'exception, est blessé mortellement dans l'arène. L'oratorio, un chant funèbre, se décompose en quatre parties : l'annonce des événements à la femme aimée, son refus, sa douleur puis la résignation.
Dès les premières notes, on est transporté par les tonalités andalouses. La terrible annonce, dramatisée par la structure du poème, les accents de la partition, la mise en scène d'une grande sobriété, laisse muette l'épouse qui dès l'apparation des messagers sent que le malheur s'est invité dans sa vie. Le refus des événements, le refus de la mort seront terribles et j'ai senti la douleur de la perte d'un être aimé, en particulier à la fin de la troisième partie où, dans un silence insoutenable, elle pleure son amant. Juste d'y penser, les larmes me reviennent ! Heureusement, le tout se terminera sur une note d'espoir, le souvenir de l'être aimé.
Si la beauté d'une oeuvre se définit par l'émotion qu'elle suscite, ce llanto est un chef-d'oeuvre impérissable. Le public fut unanime, les applaudissements nourris ne cesseront que lorsque le théâtre ouvrira les lumières de la salle.
Dépêchez-vous, la dernière est ce samedi 11 février !
Yo canto su elegancia con palabras que gimen
y recuerdo une brisa triste por los olivos
y recuerdo une brisa triste por los olivos
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