Récit d'une escapade - 3/4
« Quelques années plus tard, j'approchai de l'âge adulte et, un soir que je pleurais la disparition de mon cher oncle, me remémorai cette soirée où j'eus si peur. Je m'imaginai que ce même soir, alors que j'étais enveloppé dans mes couvertures, rêvant de tempête et de maléfices, mon oncle était à table avec mes parents et riait aux éclats de la bonne farce qu'il venait de me faire. Piqué dans mon orgueil et comme le doute persistait dans mon esprit, je résolu d'organiser une expédition avec un de mes amis pour aller voir la fameuse tour. Un soir de nouvelle lune, j'échappai à la vigilance de mon père (il était alors fort malade, paix à son âme), et rejoignis mon ami sur le port. Nous détachâmes à la hâte une embarcation et partîmes à l'aventure. Quelle insouciance nous avions ! En effet, le vent soufflait et malgré toutes les assurances que nous tentions de nous donner, nous savions trop bien que la composition de l'air et des vents annonçait une tempête. À quelques kilomètres de notre destination, la pluie s'abattit finalement sur notre embarcation, qui nous semblait soudainement très frêle. Les Bretons nous diront qu'une tempête sur la Méditerranée n'est pas une vraie tempête mais néanmoins, au fond de notre barque, nous n'en menions pas large face aux élements déchainés. Fort miraculeusement, le vent nous poussa au fond d'une calanque où nous pûmes nous abriter des flots à défaut de la pluie. Lorsque cette dernière s'arrêta, nous n'osâmes reprendre la mer avant que le jour ne se lève. Une brève reconnaissance nous renseigna sur notre position; nous étions échoué au nord de l'île de Riou, justement là ou nous voulions nous rendre ! Alors que nous aurions dû remercier le ciel d'être encore en vie, nous nous applaudîmes de notre témérité. Malgré l'obscurité ambiante, nous réussîmes à parcourir un semblant de sentier qui montait sur les hauteurs de l'île. Nous nous croyions des surhommes alors que mille fois c'est la chance qui nous empêcha de verser dans un ravin. »
« Au détour d'un rocher, nous tombâmes nez à nez avec les ruines de la tour. Ainsi, me disais-je, mon oncle ne m'avait pas menti, il y avait bien une tour en ruine sur cette île. Malgré toute l'arrogance de mon jeune âge, j'étais retenu par je ne sais quelle peur superstitieuse. Mon ami, qui n'avait pas bénéficié du récit mon oncle, s'approchait à grand pas de la tour en me disant qu'on pourrait y passer la nuit. C'est à ce moment que l'incroyable se produisit. Il y eu une lueur rougeâtre et mon ami se figeat dans sa démarche. Je lui criai de revenir mais il demeurait immobile. Je n'osais faire un pas, si cher que cet ami était à mes yeux. J'implorai tous les protecteurs dont j'avais entendu les noms durant mon enfance et maudit ma couardise qui me clouait sur place. Je ne sais trop combien de temps nous restâmes lui et moi ainsi pétrifiés mais l'aube salvatrice vint me tirer de ma torpeur. Je trouvai enfin le courage de secourir mon ami, qui s'était effondré sur le sol. En jetant un dernier regard vers la tour, je le pris et le ramenai à la force de mes bras sur le bord de la mer. Il reprit peu à peu ses sens mais son regard était profondément altéré. Je ne sais quelle lueur étrange brillait maintenant au fond de son âme. Nous retrouvâmes notre barque, malheureusement si abîmé qu'il était impensable de la remettre à flot. Bien que nous aurions pû nager d'île en île pour rejoindre la côte, l'état de fatigue dans lequel se trouvait mon compagnon d'infortune nous fit rester sur place attendre qu'un pêcheur vienne nous prendre. Deux jours plus tard, j'étais de retour chez moi. Rien ne sera plus pareil, mon père étant mort au milieu de la nuit fatidique. »

La mer et ses vagues
« Au détour d'un rocher, nous tombâmes nez à nez avec les ruines de la tour. Ainsi, me disais-je, mon oncle ne m'avait pas menti, il y avait bien une tour en ruine sur cette île. Malgré toute l'arrogance de mon jeune âge, j'étais retenu par je ne sais quelle peur superstitieuse. Mon ami, qui n'avait pas bénéficié du récit mon oncle, s'approchait à grand pas de la tour en me disant qu'on pourrait y passer la nuit. C'est à ce moment que l'incroyable se produisit. Il y eu une lueur rougeâtre et mon ami se figeat dans sa démarche. Je lui criai de revenir mais il demeurait immobile. Je n'osais faire un pas, si cher que cet ami était à mes yeux. J'implorai tous les protecteurs dont j'avais entendu les noms durant mon enfance et maudit ma couardise qui me clouait sur place. Je ne sais trop combien de temps nous restâmes lui et moi ainsi pétrifiés mais l'aube salvatrice vint me tirer de ma torpeur. Je trouvai enfin le courage de secourir mon ami, qui s'était effondré sur le sol. En jetant un dernier regard vers la tour, je le pris et le ramenai à la force de mes bras sur le bord de la mer. Il reprit peu à peu ses sens mais son regard était profondément altéré. Je ne sais quelle lueur étrange brillait maintenant au fond de son âme. Nous retrouvâmes notre barque, malheureusement si abîmé qu'il était impensable de la remettre à flot. Bien que nous aurions pû nager d'île en île pour rejoindre la côte, l'état de fatigue dans lequel se trouvait mon compagnon d'infortune nous fit rester sur place attendre qu'un pêcheur vienne nous prendre. Deux jours plus tard, j'étais de retour chez moi. Rien ne sera plus pareil, mon père étant mort au milieu de la nuit fatidique. »

La mer et ses vagues
À suivre...
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