Le changement d'heure

Publié le par Étienne

Comme nous, vous vous êtes probablement levés ce matin en vous demandant, comme à chaque année, « mais pourquoi donc faut-il avancer et reculer l'heure deux fois par an » ? Votre prochaine pensée a probablement été la même que nous, qu'en fait c'est surtout de l'avancer qui est pénible...

En furetant un peu sur internet, j'ai appris qu'à l'origine, cette idée d'avancer l'heure durant la période estivale était bien une question d'économie d'énergie. Ce décalage volontaire a été mis en place pour la première fois lors de la première guerre mondiale. Il faut garder à l'esprit qu'avant l'avènement des transports rapides, la définition de l'heure était très élastique et que l'uniformisation avait finalement peu d'importance. Il fallait par exemple près de quatre heures pour relier Paris au Pecq en voiture à cheval il y a 150 ans et donc chaque chef-lieu pouvait bien avoir l'heure qu'il lui plaisait...

Au début, cette mesure était loin de faire l'unanimité et elle fut appliquée de façon sporadique selon les pays, qui avaient tous leur opinion des dates auxquelles le changement devait avoir lieu. Au Québec, chaque municipalité choisissait ! En France, elle fut abandonnée après la fin de la deuxième guerre mondiale. Puis restaurée en 1973, lors du « choc pétrolier ». De nombreux pays européens suivirent (la mesure était déjà en vigueur en Amérique du Nord) mais ce n'est qu'au milieu des années 1990 que l'Europe parvint à uniformiser la pratique !

Aujourd'hui, ce changement provoque toujours autant de commentaires et de nombreuses études contradictoires en dissèquent les vertus et les vices. Le sénat français s'est penché sur la question en 1996 et conclut « qu'en conséquence, la logique conduit à souhaiter l'abandon de ce dispositif artificiel et de revenir à un déroulement plus naturel du temps ». Manifestement, on ne les a pas écoutés...

Et pourtant, ce soir, quel plaisir de rentrer du boulot et de profiter du soleil printannier qui ne s'était pas encore couché ! Une si agréable température demain devrait avoir une incidence non-négligeable sur les manifestations prévues dans toute la France.

Allez, une petite prédiction pour celle de Paris : 250 000 manifestants selon la police et 1 000 000 selon les organisateurs. Lecteurs québécois, ces divergences d'estimation font partie ici du folklore national...


29 mars :
Finalement il y aura eu entre 92 000 et 700 000 manifestants à Paris, entre un et trois millions dans toute la France. La palme de la plus grande différence d'estimation est décerné à la ville de Marseille : 28 000 manifestants selon la police et 250 000 selon les syndicats !
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