Cette boîte dans ma bibliothèque
C'est vendredi soir que j'ai découvert le petit carton jaune dans ma boîte aux lettres. J'avais beau le retourner machinalement dans tous les sens, je ne voyais pas qui pouvait bien m'envoyer un colis. Après tout, mon anniversaire n'était que dans cinq mois...
Le lendemain matin, je me suis donc précipité au bureau de poste (c'est que j'étais quand même un peu curieux...). La boîte qu'on me remit était assez lourde et dès que je fus sortis à l'extérieur, je m'empressai de décacheter l'enveloppe qui y était collée. C'était une lettre de ma mère qui m'expliquait que :
Là, je vous avoue que j'étais plutôt embêté. Il y avait près d'un an qu'elle nous avait quitté. Avais-je le droit de fouiller dans son passé de jeune femme, moi qui l'ai toujours connue âgée et ridée ? Je déballai le colis mais laissai la boîte sur une étagère de ma bibliotèque, sous son portrait. J'en parlai avec une amie. Elle trouva fantastique que je puisse faire revivre quelques instants du passé si j'ouvrais la précieuse boîte. Je lui objectai qu'il n'est pas toujours bon de fouiller le passé, que je pourrais découvrir un terrible secret qui ternirais la mémoire de ma grand-mère. « C'est vrai, me dit-elle, mais tu ne peux tout de même pas la jeter cette boîte ! » Si, j'aurais pu car ces souvenirs ne m'appartenaient pas...

Au fil des semaines, ma curiosité devint de plus en plus grande et je me convainquis en me disant que ma grand-mère avait été bonne et que ses souvenirs ne pouvaient qu'être beaux. J'ouvris donc la boîte. Si j'avais été dans un film d'aventures, j'aurais trouvé une carte au trésor, un titre de possession d'un château ou un message codé qui m'aurait révélé l'emplacement du Saint-Graal. Mais ma grand-mère était simple et surtout, je vivais dans la réalité et non dans un film.
La boîte ne contenait que des papiers. Sur le dessus, une coupure de journal d'un jaune tirant sur le brun. J'en pris un coin qui s'effrita sous mes doigts. Avec mille précautions je la sortis et la retournai pour découvrir au dos une photo d'une jeune femme vêtue d'une magnifique robe campagnarde blanche qui posait debout près d'une bicyclette. Qui étais-ce ? Grand-mère, c'est toi ? Pourquoi es-tu posée dans le journal ? Comme tu étais belle...
Je pris ensuite une lettre froissée :
À la lecture de cette lettre, je souris. Voilà une bien singulière déclaration d'amour ! Je jetai un rapide coup d'oeil à une autre lettre et constatai qu'il s'agissait également d'amour.
Je rangeai la boîte dans la bibliothèque, un peu plus heureux que je ne l'étais avant de l'ouvrir.
Le lendemain matin, je me suis donc précipité au bureau de poste (c'est que j'étais quand même un peu curieux...). La boîte qu'on me remit était assez lourde et dès que je fus sortis à l'extérieur, je m'empressai de décacheter l'enveloppe qui y était collée. C'était une lettre de ma mère qui m'expliquait que :
« Tu sais que nous avons mis en vente la maison de ta grand-mère et les meubles qui s'y trouvait. Figure-toi qu'en sortant le lit, j'ai trouvé dessous cette vieille boîte en bois. Cette boîte, je l'avais vue souvent pendant mon enfance et ma mère n'avait jamais voulu me montrer son contenu et avait fini par la cacher si bien que je ne la revis plus. Aujourd'hui qu'elle n'est plus là et que moi-même je commence à me faire vieille, je n'ai plus le désir de l'ouvrir. Je ne peux non plus la jeter et plutôt que de la laisser moisir au fond d'un placard, j'ai pensé te l'envoyer; peut-être y découvriras-tu quelque trésor ou secret... »
Là, je vous avoue que j'étais plutôt embêté. Il y avait près d'un an qu'elle nous avait quitté. Avais-je le droit de fouiller dans son passé de jeune femme, moi qui l'ai toujours connue âgée et ridée ? Je déballai le colis mais laissai la boîte sur une étagère de ma bibliotèque, sous son portrait. J'en parlai avec une amie. Elle trouva fantastique que je puisse faire revivre quelques instants du passé si j'ouvrais la précieuse boîte. Je lui objectai qu'il n'est pas toujours bon de fouiller le passé, que je pourrais découvrir un terrible secret qui ternirais la mémoire de ma grand-mère. « C'est vrai, me dit-elle, mais tu ne peux tout de même pas la jeter cette boîte ! » Si, j'aurais pu car ces souvenirs ne m'appartenaient pas...

Au fil des semaines, ma curiosité devint de plus en plus grande et je me convainquis en me disant que ma grand-mère avait été bonne et que ses souvenirs ne pouvaient qu'être beaux. J'ouvris donc la boîte. Si j'avais été dans un film d'aventures, j'aurais trouvé une carte au trésor, un titre de possession d'un château ou un message codé qui m'aurait révélé l'emplacement du Saint-Graal. Mais ma grand-mère était simple et surtout, je vivais dans la réalité et non dans un film.
La boîte ne contenait que des papiers. Sur le dessus, une coupure de journal d'un jaune tirant sur le brun. J'en pris un coin qui s'effrita sous mes doigts. Avec mille précautions je la sortis et la retournai pour découvrir au dos une photo d'une jeune femme vêtue d'une magnifique robe campagnarde blanche qui posait debout près d'une bicyclette. Qui étais-ce ? Grand-mère, c'est toi ? Pourquoi es-tu posée dans le journal ? Comme tu étais belle...
Je pris ensuite une lettre froissée :
7 mars 1933
Chère amie,
Il y a tant de choses qu'un ami ne peut écrire... Et pour cause ! Comment aurais-tu interprété mes mots, mes phrases si je laissais ma plume les imprimer sur cette feuille ? Il y a tant de choses à se dire... Parler de tout et de rien, mais tellement peu à écrire lorsqu'il s'agit de laisser sa main gouverner les lettres qui se condensent en mots.
Déjà mes pensées s'embrouillent et j'ai peine à écrire. Peut-on me classer parmi les rotatifs imaginaires qui écrivent pour le plaisir ? N'est-ce pas que les mots sont parfois beaux ? Ils plaisent à être entendus et surtout lus des yeux. S'ils plaisent, c'est bien mais s'ils n'ont plus de sens, pourquoi les écrire ?
Pour dire tant de choses parfois, bien plus qu'on ne peut s'en douter...
Au revoir, mon amie, xxx
À la lecture de cette lettre, je souris. Voilà une bien singulière déclaration d'amour ! Je jetai un rapide coup d'oeil à une autre lettre et constatai qu'il s'agissait également d'amour.
Je rangeai la boîte dans la bibliothèque, un peu plus heureux que je ne l'étais avant de l'ouvrir.
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